dimanche 8 octobre 2017

#Haiti - Petrocaribe : Retour sur la lettre de Madame Marie Carmelle Jean-Marie.-


#Haiti - Petrocaribe : Retour sur la lettre de Madame Marie Carmelle Jean-Marie.-

Le litige entre les Sénateurs Youri Latortue et Evalière Beauplan, met à nu les manoeuvres politiciennes qui dominent la prétendue enquête sur PetroCaribe.

En effet, dans sa dernière sortie dans la presse, le Président de la Commission de suivi de l’Enquête a qualifié le travail de Youri Latortue de “Bâclé”, tout en affirmant que le Président du Sénat est “le principal obstacle” au travail de la Commission, en concluant qu’“il parle trop”.

De plus, le secrétaire-rapporteur de la commission Éthique et Anticorruption du Sénat de la République, le Sénateur Onondieu Louis avait comparé, dans une lettre ouverte, les pratiques de monsieur Beauplan « à une entreprise de vengeance politicienne et malveillante ».

Monsieur Louis voulait “protester avec la dernière rigueur et de manière la plus véhémente contre les pratiques et les modes d’action” de son collègue-président de ladite commission.

Le sénateur du Nord-Ouest avait dénoncé « le recrutement unilatéral de Monsieur Jean-Yves Noël, ex-directeur général de l’Unité centrale de renseignements financiers (UCREF), comme consultant chargé de mener des enquêtes pour le compte de la commission, connu pour son excès de zèle, son incurie et sa moralité douteuse, soulève ma sainte colère et risque d’entacher la crédibilité de la commission »

Face à cette lutte d’influence croissante autour de l’enquête d’une Commission qui normalement devrait faire un travail technique, on se demande si l’ex-Ministre des Finances, Madame Marie Carmelle Jean-Marie, n’a pas raison de rejeter ce que certains appellent déjà une mascarade et de se renfermer derrière les prescrits constitutionnels en matières d’audits des anciens comptables et ordonnateurs de deniers publics.

Au Parlement tout est politique. Et, les Parlementaires aiment bien répéter cette phrase pour justifier leurs comportements illogiques, irresponsables et même parfois absurdes.

Alors, ce rapport d’enquête politique pourra t-il contredire les Rapports de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux administratif (CSCA), cette institution choisie par la Constitution pour accomplir cette tache.

Nous vous invitons à relire la lettre de Madame Marie Carmelle Jean-Marie que nous publions au bas de ce texte.


Cyrus Sibert, Cap-Haitien, Haiti
8 Octobre 2017
WhatsApp: 509-3686-9669
@ReseauCitadelle
reseaucitadelle@yahoo.fr

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Lettre de Madame Marie Carmelle Jean-Marie (MCJM) au Président du Sénat de la République.-

Honorable Youri Latortue, Président du Sénat de la République

J’accuse réception de votre correspondance livrée par Madame Géralde MEDIGO à mon bureau ce jeudi 13 juillet 2017 à 10 heures 40 minutes, m’invitant à répondre le jour même à des questions déjà élucidées lors de l’enquête conduite initialement par la Commission Ethique et Anticorruption du Sénat sur la gestion des fonds Petro-Caribe. Je suis donc navrée de ne pas pouvoir donner une suite positive à votre invitation.

J’avais accepté de me soumettre à cet exercice le 28 avril 2016, en raison du profond respect que je nourris pour les Institutions de mon Pays et de l’obligation de rendre compte comme tout gestionnaire public. J’avais eu à l’occasion, l’opportunité de répondre à vos questions ainsi qu’à celles des sénateurs de ladite commission et d’apporter les clarifications jugées utiles. Je m’y suis d’autant plus prêtée volontiers, que lors de mes 2 passages à la tête du Ministère de l’Economie et des Finances j’avais mené une lutte sans merci contre la corruption endémique qui gangrène toutes les institutions de notre pays. A cette occasion, j’avais également insisté sur l’urgente nécessité d’un audit général de l’ensemble des comptes de la République, incluant les fonds Petro-Caribe, les ressources du Trésor Public et les autres fonds reçus en don.

Aujourd’hui, participer une nouvelle fois à une audience, pour le même rapport et sans élément nouveau, me parait excessif, d’autant plus que vous disposez des audits de la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratifs (CSCCA) relatifs à ma gestion.

Monsieur le Président, il est incontestable que le pouvoir législatif est investi par la Constitution de 1987 amendée du pouvoir de contrôler le Gouvernement, notamment en matière de Finances Publiques, selon les formes qu’elle prescrit. En effet, la Constitution prévoit en son article 233, la formation d’une Commission Bicamérale chargée de rapporter sur la gestion des Ministres pour permettre aux deux Assemblées de leur donner décharge.

A ce sujet précis, je suis disposée à fournir aux deux Assemblées de la prestigieuse Institution qu’est le Parlement des explications supplémentaires quant à la régularité de ma gestion lorsqu’elles auront à se pencher sur son jugement aux fins de m’en donner décharge, conformément au vœu de la constitution.

Dans l’attente des conclusions de vos travaux et de cet audit général que j’appelle de tous mes vœux, je vous renouvelle, Monsieur le Président, l’assurance de ma considération.

Marie Carmelle Jean-Marie
13 juillet 2017

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